26th
Champagne
Au risque de paraître iconoclaste, j’ai pris l’habitude de boire le champagne à soif. C’est plus rafraîchissant qu’une bière, malheureusement plus cher aussi — mais dans ce rôle de vin de soif, tous les crémants de France peuvent le remplacer ! C’est un luxe certes, mais l’été, après avoir tondu la pelouse du jardin ou après une longue randonnée en montagne, un champagne devient un moment extraordinaire. Dans ce cas, je l’avoue, je pousse le vice jusqu’à mettre un glaçon dedans. Je reconnais que c’est impie, les Champenois me condamneront, mais c’est tellement désaltérant ! J’ai adopté cette habitude pendant le fameux été torride de 1976. J’étais entré par hasard chez un vieux caviste de la rue des Abbesses à Paris. Assis autour d’une table, de vieux messieurs étaient là, en train de siroter un champagne avec un glaçon dedans. Depuis, lorsque j’ai très soif, je les imite, en pensant encore à eux.
Philippe Bourguignon, chef sommelier du restaurant Laurent, Meilleur Sommelier de France 1978, membre de l’académie du vin et du jury de La Revue du Vin de France