Mar
26th
Sam
26th
Boire n’est pas dire le contraire de ce que l’on pense, cela donne le courage d’évoquer ce que l’on tait habituellement en étant au plus profond de soi même. L’ivresse dégage la vérité de l’être, ça n’est pas forcement ce qu’il y a de mieux, voilà pourquoi certains ont le vin triste, d’autres le vin agressif. Il y a un état que l’on peut célébrer en l’ivresse et la sobriété, le bon endroit du curseur, et l’ivreté le désigne. C’est un joli mot où l’on se sent bien. J’ai connu quelques ivresses, parce qu’il faut apprendre à se connaître, le “connais-toi toi-même” de Socrate est nécessaire sur le terrain de son propre corps. Après, on sait jusqu’où on peut aller. Je pense qu’il faut développer l’ivreté et condamner l’ivresse.
— Michel Onfray, Le Monde Magazine du 26 mars 2011, “Le vin, les mots”, entretien avec Jean-Paul Kauffmann
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